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Salaire minimum, posons la bonne question

29 septembre 2026 par
Salaire minimum, posons la bonne question
Chambre Valaisanne De Commerce Et D'industrie

Doit-on vivre dignement de son travail? La réponse est évidente: chacun doit pouvoir y parvenir. En ramenant le débat sur le salaire minimum à cette seule exigence, ses partisans enferment pourtant la discussion dans une question rhétorique stérile. Comme si contester leur solution revenait à refuser leur objectif. Nous pouvons partager une ambition sociale et diverger profondément sur les moyens de la réaliser.

En réalité le 29 novembre, les Valaisannes et les Valaisans devront répondre à une autre question: un salaire minimum cantonal constitue-t-il un instrument efficace pour lutter durablement contre la précarité? Ma conviction est que non.

Un plancher légal ne suffit pas à garantir la sécurité économique d’un individu ou d’un ménage. Celle-ci dépend aussi du nombre d’heures travaillées, de la stabilité de l’emploi, des charges familiales et des possibilités d’évolution. Un tarif horaire décrété dans une loi ne crée ni une place de travail, ni une qualification, ni une perspective professionnelle.

Il faut aussi prendre en considération ceux qui cherchent à entrer sur le marché du travail. Un salaire arbitrairement fixé sera nécessairement soit trop bas, soit trop haut. Trop bas, et la personne en début de carrière sera pénalisée par rapport à sa formation. Trop haut, et il fera de la première embauche une marche trop difficile à franchir. Les personnes peu qualifiées, en début de carrière ou en reconversion ont besoin qu’une entreprise leur donne leur chance.

Un salaire minimum légal les en prive. Une politique sociale doit d’abord et surtout se juger aux portes qu’elle ouvre.

Nous disposons de leviers plus solides. Les conventions collectives de travail permettent aux représentants des employeurs et des salariés de négocier des conditions adaptées aux métiers: salaires, horaires, vacances, formation et protection des travailleurs. Elles inscrivent la rémunération dans une relation de travail complète. Ce partenariat mérite d’être renforcé. Imposer l’Etat entre employeurs et salariés aboutit à tout le contraire.

La formation constitue aussi une priorité. Un apprentissage, une qualification reconnue, des compétences actualisées donnent aux travailleurs les moyens de progresser, de changer d’employeur et de mieux négocier leur salaire. Pour un jeune comme pour un adulte en reconversion, cette capacité d’évolution est une protection essentielle contre la précarité.

Notre responsabilité d’employeurs est donc exigeante: former, investir, faire vivre le partenariat social et proposer des emplois dans lesquels il est possible de construire un avenir. Cela suppose aussi des conditions permettant aux entreprises de développer leurs activités et d’engager.

C’est pour cette raison que je rejette le salaire minimum cantonal. Les travailleurs ont besoin de places de travail de qualité, assorties d’une rémunération équitable et de véritables perspectives. Le 29 novembre, je voterai non à l’initiative, avec cette conviction : notre ambition pour les salariées et les salariés – et le monde du travail dans son ensemble – doit aller bien au-delà d’un minimum.

Vincent Riesen, directeur de la CCI Valais



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