L’initiative populaire dite « Pour une Suisse qui s’engage » prétend renforcer la résilience et la cohésion. En réalité, son adoption aurait des conséquences néfastes sur notre tissu économique, le marché du travail et le lien de citoyenneté avec l’État.
Les entreprises consentent déjà à des efforts considérables pour permettre à leurs collaboratrices et collaborateurs de répondre à des obligations en lien avec la défense nationale et le service civil. Cet engagement est compris, accepté et fait partie du contrat social helvétique. En revanche, étendre une telle contrainte à des activités non spécifiées, pilotées par l’État et sans lien avec la sécurité collective, pose un sérieux problème. Les entreprises ne peuvent pas absorber de nouvelles obligations vagues et illimitées qui pèseraient sur leur organisation et sur la disponibilité de leur personnel.
L’introduction d’un « service obligatoire » pour des tâches administratives ou sociales définies par l’État aurait un impact direct sur la productivité et l’attractivité du marché du travail. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, chaque absence imposée complique le recrutement, désorganise les équipes et menace la compétitivité. Les PME, colonne vertébrale de l’économie suisse, seraient les premières à souffrir de cette contrainte disproportionnée.
Un affaiblissement du lien citoyen
L’engagement est précieux parce qu’il est volontaire. Le transformer en devoir généralisé pour toutes et tous, encadré par une nouvelle bureaucratie, revient à le dénaturer et à affaiblir la relation de confiance entre les citoyens et l’État. L’initiative risque de remplacer un engagement authentique par une obligation ressentie comme arbitraire, ce qui minerait le sens même de la citoyenneté active.
Oui à un engagement fort de la population lorsque l’intérêt national est en jeu. Oui à un bénévolat libre, soutenu par un tissu associatif dynamique et par des incitations ciblées. Mais non à une étatisation de l’engagement, coûteuse et inefficace, qui fragilise les entreprises et affaiblit le lien social. Pour toutes ces raisons, nous appelons à rejeter l’initiative « Pour une Suisse qui s’engage ».
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Vincent Riesen, directeur, vincent.riesen@cci-valais.ch