L’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » prétend répondre aux défis liés à la croissance démographique. En réalité, elle passe à côté de l’essentiel. En voulant figer l’avenir avec une limite arbitraire, elle ne propose aucune réponse aux problèmes bien réels que connaît déjà la Suisse d’aujourd’hui – une Suisse de 8,5 millions d’habitants. La CCI Valais rejette ce texte.
Les vrais défis sont actuels, pas hypothétiques
La pression sur les logements, les transports saturés, la pénurie d’enseignants ou de soignants : tous ces problèmes existent déjà. Et ils ne disparaîtront pas par magie avec un plafond arbitraire de l’immigration. Plutôt que d’agiter cet épouvantail, il est urgent d’agir ici et maintenant, avec des politiques de logement, de mobilité et de formation ambitieuses.
L’immigration est une partie de la solution, pas du problème
Vouloir fixer une limite à 10 millions d’habitants, c’est ignorer que la démographie dépend de nombreux facteurs : natalité, vieillissement, mobilité, économie. Réduire ces dynamiques à un simple plafond, c’est faire croire qu’on contrôle la météo en fermant la fenêtre. Cela n’apporte aucune solution structurelle, ni pour aujourd’hui ni pour demain.
L’économie et la société valaisannes reposent largement sur les travailleurs venus de l’étranger. Sans eux, des secteurs entiers ne pourront plus fonctionner : santé et social, construction, agriculture et tourisme. Cette initiative menace notre prospérité et affaiblit les services publics dont toute la population bénéficie. Moins d’immigration ne signifie pas moins de besoins – mais moins de moyens pour y répondre.
Un repli qui divise au lieu de rassembler
En suggérant que l’étranger est la source des maux suisses, l’initiative divise. Elle stigmatise plutôt que de fédérer autour de solutions concrètes. Elle détourne le débat des vraies priorités : construire davantage de logements, investir dans les transports et les infrastructures, développer les énergies indigènes, former les jeunes et favoriser l’innovation durable.
Cette initiative n’apporte aucune réponse aux défis d’aujourd’hui et bloque notre capacité à construire l’avenir. Dire non, c’est refuser les fausses promesses du repli et choisir une Suisse qui prend ses responsabilités, sans peur et sans simplisme.
Plus d’informations :
Vincent Riesen, directeur, vincent.riesen@cci-valais.ch