Notre association soutient des mesures raisonnables, concrètes et adaptées aux réalités des entreprises et des ménages. Elle s’oppose au contournement trompeur du double frein aux dépenses par l’initiative dite « Pour un fonds climat », tandis qu’elle soutient le contre-projet sur l’argent liquide, l’initiative « 200 francs, ça suffit ! » et le passage à l’imposition individuelle.
Détourner le
frein à l’endettement n’est pas durable
La CCI Valais rejette fermement l’initiative « Pour un fonds climat ». Créer et alimenter un fonds entre 5 à 8 milliards de francs par an, en le dérobant explicitement au frein à l’endettement, n’est tout simplement pas durable. Une telle mesure entraînerait des hausses massives du niveau d’endettement au prix de la stabilité financière de notre pays et de notre monnaie, tout en provoquant une inflation persistante. Un vrai cadeau empoisonné pour les générations futures.
D’autant plus que ce « fonds climat » affaiblirait l’efficacité de la politique climatique. La Suisse investit déjà plusieurs milliards par an dans des mesures ciblées qui ont permis de réduire significativement les émissions. Un fonds centralisé et bureaucratique remplacerait des instruments efficaces par un système de subventions coûteux, sans garantie de résultats concrets pour le climat.
L’imposition
individuelle renforce le marché du travail
La CCI Valais soutient la loi fédérale sur l’imposition individuelle, qui met fin à la pénalisation fiscale du mariage et permet une fiscalité plus équitable. Elle favorise l’emploi, notamment pour les femmes, et renforce l’égalité de traitement. Or, soutenir le marché du travail est une priorité économique et sociale : développer l’emploi augmente le potentiel de croissance de l’économie et les revenus des ménages, avec des conséquences positives pour les assurances sociales. Ces dernières, fortement sollicitées par de nombreuses demandes de la politique (retraites et santé notamment) en seraient les grandes bénéficiaires.
L’argent
liquide : OUI au contre‑projet, NON à l’initiative
La CCI Valais recommande de voter oui au contre projet proposé par le Conseil fédéral et de rejeter l’initiative populaire elle même.
Le contre projet inscrit dans la Constitution la garantie de l’approvisionnement en numéraire et la reconnaissance du franc suisse comme monnaie nationale, tout en restant juridiquement clair et pragmatique. À l’inverse, l’initiative va trop loin en insérant dans la Constitution des formulations inutiles qui pourraient compliquer l’évolution des instruments de paiement dans un monde économique numérisé.
Notre association rejette en particulier l’octroi par l’initiative de la compétence à la Confédération de fournir l’argent liquide – contrairement au contre-projet, qui la donne explicitement à la Banque Nationale Suisse, respectant ainsi l’indépendance de notre banque centrale, fondation ultime de notre stabilité financière.
Oui, 200
francs, ça suffit
La CCI Valais soutient l’initiative populaire « 200 francs, ça suffit ! ». Notre association ne conteste pas la nécessité d’un service public dans un petit pays multilingue. Elle estime cependant que son redimensionnement à l’échelle de la Suisse est nécessaire. Le mise en œuvre de l’initiative laissera à la SSR un budget non négligeable d’environ 900 millions par an, qui correspond à ce qu’elle alloue actuellement à l’information et à la culture. Redimensionner donnera aussi plus d’espace aux autres acteurs du paysage médiatique – en particulier les radios et télés régionales – au profit d’un autre pilier trop souvent oublié des institutions démocratiques : la pluralité des opinions.
Notre association s’était engagée en 2018 contre l’initiative No Billag, qu’elle jugeait alors trop excessive. En 2019, la nouvelle Loi sur la radio et la télévision a non seulement maintenu la taxation des entreprises – discutable bien que tolérée – mais elle l’a amplifiée. La contribution des entreprises à la redevance a quadruplé, passant de 3% à 12% du produit total. Aujourd’hui, à cause de cette redevance, 148 000 entreprises suisses sont soumises, sans véritable justification, à une taxe progressive sur leur chiffre d’affaires, qu’elles doivent payer même si elles sont en situation de perte. Cette initiative représente la seule perspective de mettre un terme à cet impôt injuste.
Enfin la CCI Valais conteste fermement la volonté du Conseil fédéral d’adapter linéairement à la baisse les parts des diffuseurs régionaux à la redevance en cas d’acceptation de l’initiative. Elle est sans nul doute contraire aux intentions des initiants, et constitue une prise d’otage indigne de nos processus démocratiques. Dans tous les cas, notre association se battra, au nom de la pluralité des opinions et du fédéralisme, pour augmenter le soutien à nos radios et télés locales.
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Vincent
Riesen, directeur, vincent.riesen@cci-valais.ch