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La souveraineté suisse se fabrique aussi en Valais

2 octobre 2026 par
La souveraineté suisse se fabrique aussi en Valais
Chambre Valaisanne De Commerce Et D'industrie

La liberté de décision d’un pays repose aussi sur ses capacités à produire, à innover et à s’approvisionner. Avec ses barrages, ses usines et ses centres de recherche, le Valais donne un visage concret à cette souveraineté. Encore faut-il leur permettre de se développer.

La souveraineté se proclame volontiers à la tribune. Mais elle se construit davantage dans une usine, un laboratoire ou sur le chantier d’une centrale électrique. À l’heure où les grandes puissances transforment les échanges commerciaux en instruments de pression, la Suisse doit se rappeler cette évidence : pour rester libre de ses choix, il faut avoir les moyens de les exercer.

Derrière la carte postale, ses barrages alimentent le pays, ses entreprises produisent des médicaments, des spécialités chimiques, métallurgiques et technologiques, ses chercheurs innovent. Ces activités nous relient au monde tout en donnant à nos partenaires des raisons de compter avec nous.

Aucun petit pays ne peut tout produire lui-même. L’autarcie serait pour la Suisse une coûteuse impasse. Notre sécurité passe par des échanges diversifiés, des accords fiables et des partenaires solides. Mais l’ouverture se cultive d’autant mieux que l’on conserve quelque chose à offrir. Une économie qui renonce à produire réduit progressivement sa capacité à négocier les conditions de ses dépendances.

C’est ici que nos contradictions apparaissent. Nous voulons sécuriser notre approvisionnement électrique, mais chaque installation devient un parcours d’obstacles. Nous souhaitons attirer des talents, mais construire les logements pour les accueillir reste difficile. Nous célébrons l’innovation, puis nous nous inquiétons de la place que prendra l’usine appelée à la concrétiser. À force de protéger chaque parcelle du changement, nous finissons par fragiliser ce que nous souhaitons transmettre.

Une stratégie industrielle a donc besoin d’un cap qui dépasse l’industrie. Quelle capacité d’action voulons-nous conserver dans vingt ans ? La réponse devrait guider ensemble nos choix énergétiques, notre formation, nos infrastructures et nos relations extérieures. Inutile de promouvoir une technologie si nous rendons ensuite son développement impossible. Inutile de former des spécialistes si les activités qui les emploient doivent partir ailleurs.

Le Valais peut contribuer à cette ambition nationale. Le retour des concessions hydrauliques invite à penser au-delà du prochain exercice budgétaire : comment faire de cette ressource un avantage durable pour investir, produire et créer des emplois ? La même exigence vaut pour nos pôles scientifiques et industriels. Leur développement mérite une volonté politique cohérente.

Nous avons hérité d’un pays dont la prospérité doit beaucoup à ceux qui ont osé construire. À notre tour de rendre possibles les investissements qui préserveront notre liberté. La souveraineté de demain se joue aussi dans les permis de construire d’aujourd’hui.

Vincent Riesen
Directeur CCI Valais


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